Interview de Daphnée, auteure du blog 1 parenthese 2 vies

Suite à un accident de la route survenu alors qu’elle n’avait que 20 ans, Daphnée devient tétraplégique incomplète. Durant sa rééducation, elle a ouvert son blog, nommé 1 parenthese 2 vies, qu’elle considère comme « le blog d’une handi optimiste ».

Un nom qui s’explique puisque Daphnée considère sa rééducation comme une parenthèse entre ses « deux vies » ; l’une en tant que valide et l’autre en tant que personne en situation de handicap.

Je suivais ses publications depuis plusieurs mois, et c’est Benoît qui a demandé à ce que je la contacte pour lui proposer une interview. C’est donc très gentiment qu’elle a accepté de vous en dire plus sur elle et de répondre à nos questions 🙂

capture d'écran du blog 1 parenthese 2 vies

Capture d’écran du blog de Daphnée, 1 parenthese 2 vies

Interview de Daphnée

Tous ergo : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et leur parler un peu de vous ? 

Daphnée : Et bien je m’appelle Daphnée (jusque là tout va bien), j’ai vingt-cinq ans et j’ai décidé de consacrer mon activité professionnelle à la sensibilisation du public au handicap. Pour ça je suis blogueuse, voyageuse, conférencière, communicante… bref, un vrai petit couteau suisse ! J’écris énormément, tant par envie que par besoin, je lis lorsque j’en trouve le temps, et je ne tiens pas en place ! Je sors et bouge beaucoup, seule, en famille ou avec les copains : c’est mon côté hyperactif. Quant à mes rares moments de calme, lorsque je n’ai vraiment rien à faire et envie de ne rien faire, je les occupe en râlant après mon chat et en regardant des films, bol de céréales à proximité.

1 parenthese 2 vies : La conférence de Daphnée devant des élèves de 6e

Daphnée a animé une conférence devant des élèves de 6e à l’occasion d’une journée sur la différence

 

Tous ergo : Vous avez ouvert votre blog 1 parenthese 2 vies en 2014. Pourquoi avoir choisi ce moyen d’expression ? Que vous apporte-t-il ?

Daphnée : Écrire a toujours fait partie de ma vie. Hier comme aujourd’hui, c’est ma façon d’extérioriser, de ranger, de comprendre, de réfléchir ou juste de garder en mémoire. Maintenant, passer du cahier que l’on cache sous son lit à un blog public n’est pas anodin c’est vrai.

C’est juste que je me suis aperçue qu’avant de me retrouver dans cette situation, j’ignorais totalement à quoi pouvait ressembler le quotidien (entre autres) d’une personne en situation de handicap et surtout, surtout, que je n’étais pas la seule dans ce cas. Alors quitte à ce que je traverse ces épreuves, quitte à ce que je me retrouve dans ce monde là, autant que ce soit utile : en parler, expliquer, faire découvrir, parce qu’en apportant les réponses aux questions non-posées, j’espère à mon échelle, diminuer les peurs, les gènes, les blocages voire le dégoût, que peuvent avoir les gens face à ce qu’ils ne connaissent finalement pas.

Exemple d’un article écrit par Daphnée, une lettre à son fauteuil roulant :

Lettre à mon fauteuil, compagnon de mon handicap

 

Tous ergo : Qu’est-ce qui vous a donné le courage de surmonter les changements dans votre vie, et notamment votre tétraplégie ?

Daphnée : Sans hésitation aucune : mes proches. Mes parents et le reste de ma famille, mes amis et tous ceux que je côtoyais à ce moment là.

Les soignants ont aussi leur (grande) part de mérite. Ils ont fait un travail remarquable avec moi (infirmiers, aide-soignants, kinés, ergo, responsables a.p.a…) et ont été d’un grand soutien pendant tant de temps en rééducation (vingt-cinq mois !)

Pour finir… mon caractère aussi je crois : si j’avais été quelqu’un de pessimiste, de peu déterminé ou de feignant, je n’en serais sûrement pas là où j’en suis (merci à mes ancêtres !)

 

Tous ergo : Sur votre blog, vous expliquez que vous pouvez aujourd’hui conduire à nouveau grâce à un véhicule adapté. Quelles ont été vos premières impressions lorsque vous êtes repassée derrière un volant ?

Daphnée : J’ai été très frustrée de ne rien ressentir à ma reprise de la conduite : ni peur ou angoisse, tant mieux, mais ni joie ou excitation non plus. À ce moment là dans ma tête, je faisais ce que je devais faire donc sur le coup je ne me posais pas tellement de questions, tout comme je ne pensais pas à ce qui pouvais être facile ou difficile. Aujourd’hui c’est différent : je ressens pleinement ce bonheur et cette liberté que m’apporte ma Citrouille (c’est mon carrosse et elle est orange, on a les références qu’on a…).

Voiture et handicap, comment est-ce que ça se passe ? #2 Conduire

 

Tous ergo : En France, l’accessibilité est encore une problématique majeure, et ce pour tous les handicaps. Quel est votre ressenti à ce sujet ?

Daphnée : Qu’on tergiverse trop sans agir assez. Tout le monde attend des lois, des politiques, mais si déjà chacun faisait ce qu’il peut faire à son échelle, ça irait mieux. Maintenant pour ce qui est du public (trottoirs notamment), je comprends que les maires(ou autres) puissent ne pas penser aux handi, ce que je ne comprends pas c’est qu’ils ne le fassent pas pour les poussettes. Autant on peut passer une vie sans jamais être confronté à un fauteuil roulant, autant la poussette, la plupart des gens sont amenés à un moment donné, à en utiliser une. Or si c’est adapté pour les poussettes, ce sera adapté pour les fauteuils, les rollators…

 

Tous ergo : Qu’attendez-vous des prochaines avancées à la fois technologiques et médicales vis-à-vis du handicap ?

Daphnée : Oh ben si quelqu’un pouvait me réparer la moelle osseuse, ça m’arrangerait ! Ça semble être une réponse égoïste mais il y a en fait tellement et tellement à faire ! Le handicap regroupe un nombre incalculable de nuances : chaque cas est spécifique et n’aura pas les mêmes attentes qu’un autre. Alors oui, à cette question je réponds ce qui moi m’intéresse, mais en même temps, si on arrive à réparer les moelles osseuses, adieu paraplégies, tétraplégies et bien d’autres : ça fera un paquet d’handi en moins !

 

Tous ergo : Quel message voudriez-vous faire passer à nos lecteurs ?

Daphnée : L’ignorance n’est pas le problème, le problème c’est ce qu’on en fait. Certains deviennent méchants, d’autres curieux. S’il vous plaît, optez pour la seconde option. Vous ne savez pas ? C’est pas grave : informez-vous, posez des questions (ils n’y en a pas de bêtes), parlez-en. Et une fois que vous avez compris, appris, et bien faites passer, partagez ! C’est comme ça que les petites idées deviennent de grands projets et qui sait ? Que l’incongru inconnu devienne banalement normal ?

 

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